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Les arpenteurs poétiques – Donika Kelly

Les arpenteurs poétiques – Donika Kelly

Diffusion : Jeudi 23 avril 2026 à 10h
Rediffusion : Dimanche 26 avril 2026 à 11h
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une émission [rediffusion] préparée par Jean-Marc Barrier
avec la participation de Coralie Poch, Noée Maire et Vincent Alvernhe

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> Donika Kelly
> halte poétique ‘les échappées obliques’ : Aïdée Bernard et Mira Wladir
> le petit marché,
les coups de cœur des arpenteurs 

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Donika Kelly

Un coup de cœur, les poèmes de Donika Kelly, découverte dans un recueil publié par les éditions Unes.

Donika Kelly est née en 1983 à Los Angeles (États-Unis). Spécialisée dans les études de genre dans la littérature américaine contemporaine, elle enseigne l’écriture poétique à l’université de l’Iowa. Plusieurs de ses poèmes ont été publiés dans divers journaux comme The New YorkerThe Atlantic ou encore The Paris Review et son premier livre, Bestiaire, paraît en 2016. Acclamé par la critique, l’ouvrage reçoit le Cave Canem Poetry Prize, le Hurston/Wright Award, le Kate Tufts Discovery Award et il est nominé pour le National Book Award. Son deuxième recueil, The Renunciations, paru en 2021, est salué par Joyce Carol Oates comme « un livre courageux, écrit avec délicatesse, à l’honnêteté dure ».

Les questions du traumatisme, de l’identité de genre et de l’homosexualité sont au cœur du travail de Donika Kelly, auquel elle mêle la violence de son histoire personnelle – le viol incestueux. Elle l’aborde d’une écriture qui, si elle regarde frontalement la cruauté des faits, ne se départit pas d’une quête de douceur et de désir, dont la précision psychologique, la radicalité et l’intense émotion donnent à sa poésie une densité âpre et élégiaque.

https://www.editionsunes.fr/catalogue/donika-kelly/

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Bestiaire,
de Donika Kelly, 80 pages,
traduction de l’anglais (Etats-Unis)
par Raluca Maria Hanea
et François Heusbourg.
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un poème extrait du livre 

Tu songes au fait d’être petite,
une enfant. Non. Plus petite,
un oiseau. Encore plus petite,
un petit oiseau. Tu songes
à l’art de porter,
d’être portée. Cette main
peut t’écraser.
T’écrabouiller et te plumer.
Pourrait vider l’air
de tous tes petits os.

Tu grandis. Tu es vaste.
Tu es un poème du xixe.
Toute l’Amérique est en toi,
un catalogue de vies et de terres,
de choses enfouies. Tu contiens
ceux que tu aimes : un champ, une bâtisse
en bois tendre. les oiseaux.
Toujours. Les oiseaux.

Bientôt tu seras une personne. Rien
ne changera. Ton corps ne fera qu’un
avec tous les autres corps : la grive,
le loir, le grand ours noir.
Quand tu ouvrira la bouche,
il n’y aura que de l’air.
Serre la gorge. Sonne,
Inexplicablement, comme une chose perdue.

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halte poétique ‘les échappées obliques’ :
Aidée Bernard et Mira Wladir

avec Laurence Bourgeois, découvrons une œuvre par la voie des ondes et écoutons en résonance des mots de l’artiste ou d’un poète

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Au creux de toi

1. installation lumière et papier végétal,
hêtre, seigle, ortie, érable, renouée du Japon,
mousses, houx, iris.

Site de l’artiste : https://aidee-bernard.com/
et un film https://vimeo.com/418893342

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En écho des poèmes de Mira Wladir :
L’invention de la légereté, éditions Empreintes

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et puis il y a
approcher
les bras ouverts à l’équilibre
un corps écartelé
dans les plis de son ombre

approcher
tenir le bout des doigts dans l’air
et risquer

et risquer le silence des fougères
et les lieux
des eaux douces

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musiques

> Lionel Banevitch, création
> Les coquelicots, Laura Cahen

Vous pouvez retourver les échappées obliques sur Radio Transparence
www.radio-transparence.org/acceuil/categories/les-echapees-obliques

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halte poétique ‘le petit marché’

les coups de cœur des arpenteurs…

Vincent nous parle de Vera Sola, dont nous écoutons I’m lying
https://www.youtube.com/watch?v=xeiwo44yKVI

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merci à Solène pour la technique
merci à Laure-Anne Darras qui a créé notre générique…
http://soundcloud.com/les-arpenteurs-poetiques/generique-de-lemission-les-arpenteurs-poetiques

 

Les arpenteurs poétiques – Martine Audet

Les arpenteurs poétiques – Martine Audet

 Diffusion : Jeudi 26 mars 2026 à 10h
Rediffusion : Dimanche 29 mars 2026 à 11h
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une émission préparée par Jean-Marc Barrier
avec la participation de Coralie Poch, Noée Maire et Vincent Alvernhe 

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> Martine Audet, à toute heure
> halte poétique ‘les échappées obliques’ : Vincent Gouriou, Fernando Pessoa
> halte poétique ‘le petit marché’ 

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Martine Audet
à toute heure

Martine Audet, poète québecoise, a une voix bien à elle, à l’écrit, à l’oral. Nous avons beau relire 20 fois, nous gardons l’impression de les découvrir. Dans son récent livre  à toute heure (éditions du Noroît), Martine Audet maintient un état de suspension presque magique où le sens se cherche plus qu’il ne se donne.
« J’ai besoin d’une distance. Je prends les choses, les défais et les refais en mots pour arriver à quelque chose d’un peu orphelin qui ne s’attache pas à un contexte particulier et permet à chacun de déposer ce qu’il veut pour reconstruire le poème. Je vis un émerveillement de réussir avec quelques mots ensemble à créer une image. Un effet d’étonnement assez merveilleux. Le bonheur du presque rien. » (revue Les libraires #151)

Le recueil « à toute heure » est parti de ce vers « à toute heure, je suis captivée »

Martine Audet l’explique dans la revue Les libraires : « Quelque chose m’échappait. Il faut qu’il y ait cet inconnu que je découvre pour avoir envie d’écrire. Le mot « capturée » peut renvoyer à l’idée d’être empêchée ou arrêtée dans le temps. A toute heure appelle une parole mise aux aguets, toujours disponible, à l’écoute. L’idée que se rejoue chaque heure ce que nous sommes est-elle une tragique fatalité ou un merveilleux cadeau ? Peut-être un peu des deux, mais quand même un cadeau. Une promesse qu’on peut se faire de rendre possible la transformation, de prendre ce risque. »

photo © Kim Sang Ong Van Cung

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quelques poèmes 

Carnet,
sombres amours illuminées.
Le cœur de la lumière
est son contraire.

J’y entre parfois
pour disparaître.

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L’instant sous l’aile
se replie 

Et j’entends :
que deviens-tu ?
Que deviens-tu ?

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À la fois sommeil
et vent des ruines,
le corps en défaites,
le corps en royaumes.

Je trahis mes os
et le soleil se hisse.

Mais comment faire
avec les larmes ?
Comment, de la main,
raviver l’ombre ?

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Leçon des marbres,
des écarts,
Peut-être un mouvement
des noms,

Ce qui se détache
me retient pour toujours.

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Á toute heure, éditions du Noroît,
en France, onpeut le commander ici : https://www.librairieduquebec.fr/recherche/resultat.html

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autres livres récents

Rêve sur rêve, collection fibre.s, éditions D&D
Ma tête est forte de celle qui danse, avec des dessins d’Elise Palardy, Montréal, Le Noroît, 2016
La société des cendres, suivi de Des lames entières, Montréal, Le Noroît, 2020
Des formes utiles, Montréal, Le Noroît, 2023

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quelques dessins

Martine Audet a inséré des dessins dans son livre, en voici quelques-uns

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entendre Martine Audet

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halte poétique « les échappées obliques » 
Vincent Gouriou | Fernando Pessoa

Champs d’amour
Photographie, Portfolios Champs d’amour, Vincent Gouriou

En écho le livre de Fernando Pessoa, Le gardeur de troupeaux, poème d’Alberto Caeiro

« Je suis un gardeur de troupeaux.
Le troupeau ce sont mes pensées
et mes pensées sont toutes des sensations.

Je pense avec les yeux et avec les oreilles
et avec les mains et avec les pieds
et avec le nez et avec la bouche. »

« Et s’il m’advient parfois de désirer
par imagination pure, être un petit agneau
(ou encore le  troupeau tout entier
pour m’éparpiller sur toute la pente
et sentir mille choses heureuses à la fois),
c’est uniquement parce que j’éprouve ce que j’écris au coucher du  soleil,
ou lorsqu’un nuage passe la main par-dessus la lumière
et que l’herbe est parcourue des ondes du silence. »

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Musiques

Pulse, Claude Chalhoub
Soul Alphabet,Colleen
Berger, Bertrand Belin

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avec les voix de Laurence Bourgeois, Cécile Hug, Jean-Philippe Sadoux, Florian Auffray à la technique
Vous pouvez retourver les échappées obliques sur Radio Transparence
www.radio-transparence.org/acceuil/categories/les-echapees-obliques

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halte poétique ‘le petit marché
Les coups de cœur des arpenteurs…

Noée : un documentaire à voir sur Arte TV : « Qu’est-ce qu’on va faire de toi ? »
de Karelle Fitoussi et Salma Cheddadi
https://www.arte.tv/fr/videos/125654-000-A/qu-est-ce-qu-on-va-faire-de-toi/

Vincent : Celeste chante Time will tell
https://www.youtube.com/watch?v=xCXL2Z1tjUE

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merci à Martine Audet pour son aide dans la préparation de l’émission
merci à Solène pour la technique
merci à Laure-Anne Darras qui a créé notre générique…
http://soundcloud.com/les-arpenteurs-poetiques/generique-de-lemission-les-arpenteurs-poetiques

 

Les arpenteurs poétiques – Gaël Faye

Les arpenteurs poétiques – Gaël Faye

 Diffusion : Jeudi 26 février 2026 à 10h
Rediffusion : Dimanche 29 février 2026 à 11h
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une émission préparée par Noée Maire
avec la participation de Vincent Alvernhe et Jean-Marc Barrier

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> Gaël Faye
>
halte poétique ‘les échappées obliques’ : Delphine Denis et Virginia Woolf
>
halte poétique ‘le petit marché’, les coups de cœur des arpenteurs

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Gaël Faye

Ce mois-ci Noée Maire nous immerge dans l’univers métis des chansons de Gaël Faye, auteur franco-rwandais également connu pour ses deux romans multi-primés Petit pays et Jacaranda.

Si à ses débuts ses textes portent la douleur de l’exil et la nostalgie de l’Afrique, au fil des albums son engagement et ses colères face aux injustices s’affirment. Sans manichéisme d’ailleurs car, dit-il, « dans un monde où tout est lié il est difficile de ne pas être à la fois la victime et le bourreau. » Et sans oublier de ciseler la langue pour dire aussi la beauté du monde.

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Paris métèque

J’ai débarqué Paris d’un monde où l’on te rêve
J’ai fui les périls, les déserts où l’on crève
Tu m’as ouvert tes bras, toi ma Vénus de Milo

Tu brillais trop pour moi, je n’ai vu que ton halo
C’est pour ça que je l’ouvre, ma gueule est un musée
Je vis loin du feutré et des lumières tamisées
Dans tes ruelles cruelles ou tes boulevards à flics
Dans la musique truelle des silences chaophoniques
Paris ma belle beauté, tes prétendants se bousculent
Dans le brouillard épais de tes fines particules
Moi pour te mériter, je t’écrirai des poèmes
Que je chanterai la nuit tombée debout sur la scène […]

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albums studio

Pili-Pili sur un croissant au beurre, Motown France
Lundi méchant (Excuse My French / Believe / AllPoints)

EP

Rythmes et botanique, Universal music France 
Des fleurs (Excuse My French / Believe / AllPoints)
Mauve Jacaranda (Excuse My French / Naïve)
Éphémère (avec Grand Corps Malade et Ben Mazué)

fiction

Petit Pays, Paris, Grasset, 2016.
Jacaranda, Paris, Grasset, 2024.

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Musiques

Kwibuka par Gaël Faye https://www.youtube.com/watch?v=MaY5IrDBUfY
Inanga (instrument traditionnel du Burundi) avec chant
Chanson traditionnelle du Burundi
D’ici de là-bas, Souad Massi et Gaël Faye
Chant chuchoté du Burundi

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halte poétique « les échappées obliques » 
Delphine Denis et Virginia Woolf

Ces fonds qui me hantent, Delphine Denis, dessin au bic, 20×20 cm, 2024

En écho le roman de Virginia Woolf, Les vagues, éditions Gallimard

 extraits : 

Les tiges émergent des noires profondeurs. Les fleurs nagent comme des poissons de lumière sur les sombres eaux vertes. Je tiens une tige à la main. Je suis moi-même la tige. Mes racines s’enfoncent dans les profondeurs du monde, à travers l’argile sèche et la terre humide, à travers les veines de plomb, les veines d’argent. Mon corps n’est qu’une fibre. Toutes les secousses se répercutent en moi ; et le poids de la terre presse contre mes côtes. Là-haut, mes yeux sont d’aveugles feuilles vertes.

Les vagues se brisaient , et leur flot rapide se répandait sur la plage. Elles se soulevaient  l’une après l’autre, puis retombaient, entraînant  leur embrun dans la violence de leur recul. Un réseau de lumière diamantée tremblait sur leur échine teintée d’un bleu profond , qui ondulait comme le dos des grands chevaux en marche. Les vagues déferlaient, reculaient puis déferlaient de nouveau avec un bruit pareil au piétinement d’une bête énorme.

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Musiques

Brigitte Salavert, Traces d’ondes
Richter, III. Mrs Dalloway: War Anthem
Manuel Wandji, La traversée, Creatik Sonores
Isobel Campbell & Mark Lanegan, Seafaring Son

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avec les voix de Laurence Bourgeois, Cécile Hug et Jean-Philippe Sadoux
Florian Auffray à la technique

Vous pouvez retourver les échappées obliques sur Radio Transparence
www.radio-transparence.org/acceuil/categories/les-echapees-obliques

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halte poétique « le petit marché » 
les coups de cœur des arpenteurs

Noée Maire : Triste tigre, de Neige Simmo (POL)

Vincent Alvernhe : Le soleil se cherche du stationnement dans l’horizon, Avec pas d’casque.

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merci à Solène pour la technique
merci à Laure-Anne Darras qui a créé notre générique…
http://soundcloud.com/les-arpenteurs-poetiques/generique-de-lemission-les-arpenteurs-poetiques

Les arpenteurs poétiques – Orée Li

Les arpenteurs poétiques – Orée Li

 Diffusion : Jeudi 29 janvier 2026 à 10h
Rediffusion : Dimanche 1er février 2026 à 11h
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une émission préparée par Coralie Poch et Laurence Bourgeois
avec la participation de Noée Maire, Vincent Alvernhe et Jean-Marc Barrier

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> Orée Li
>
halte poétique ‘les échappées obliques’ : Fanta Diallo et Zéno Bianu

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Orée Li

Orée Li est poétesse, autrice, performeuse et marionnettiste, Son travail d’écriture s’entremêle avec sa pratique des arts vivants et visuels. 
Elle réalise notamment des vidéo-poèmes.

Elle a grandi en Ardèche puis a étudié la littérature et le théâtre dans les Caraïbes et en France jusqu’à obtenir un master de création littéraire en écopoétique. Elle s’est nourrie de plusieurs disciplines telles que les sciences de la terre, la psychologie, les neurosciences et les sciences du langage. 

Orée Li se fond dans les plantes, « dans l’oraison des fleurs » ; Alliés au règne végétal ses poèmes co-créent la réalité. Puissance du rêve, émerveillement botanique nourrissent un printemps perpétuel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le livre de Orée Li aux éditions des Lisières
https://editionsdeslisieres.com/les_livres.html

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deux poèmes 

ce mot dans la bouche de mon père
serpolet

avec toutes les petites fleurs violettes
en haut de la tige
c’est du thym sauvage
le dos de ma grand-mère qui se courbe
sa main qui cueille avec habitude
des brins de serpolet
pour l’infusion de l’après-midi
serpolet dans ma tête d’enfant
toute l’importance de la promenade

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Le regard de ma mère est une île

Une prairie en pente
dans ma tête
couverte de jonquilles

il y a maman
et mon petit frère
et le jaune des fleurs

chaque printemps me retourne
chaque jonquille contient un jour en pente

le plus beau des souvenirs

une image plantée
au centre de l’existence

sans avant et sans après
l’enfant est heureux·se
iel a tout oublié

ce n’est pas la réalité

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vidéo-poèmes

> voir ici les vidéo-poèmes

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sur son site…

> voir https://oreeli.fr/

Poétesse, autrice, performeuse et comédienne-marionnettiste, Orée Li élabore des fables de crises réalistes. Dans la perspective des humanités environnementales et des pensées queer et eco-féministe, el crée des formes mutantes, des failles dans le réel, alliant la DOUCEUR la RAGE et le TROUBLE. El grandit en Ardèche du nord puis par étudier la littérature et le théâtre dans les Caraïbes, à Montpellier, à Paris, à Reims, et enfin à Marseille où el obtient un master de création littéraire en écopoétique. El s’appuie sur plusieurs disciplines telles que les sciences de la terre, la psychologie, les neurosciences et les sciences du langage. Orée Li s’intéresse particulièrement aux états de sur-réalités et de consciences modifiées, aux états psychotiques, névrotiques et fantasmatiques. El conçoit l’écriture comme un acte chirurgical, une alliance d’incision et de soin.  Orée Li écrit et crée pour cultiver l’enchantement et pour lutter contre les formes de la violence. Comprendre la violence semble être est une enquête perpétuelle. Écrire pour cultiver l’étrange sexualité qu’entretiennent quotidiennement l’horreur et la merveille.

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Musiques

Origamibiro, Impressions of Footfall
Origamibiro, Remnants
Origamibiro, The Last of Its Leaves
Léonie Pernet et Clara Ysé, Réparer le monde
Poppy Ackroyd, Suspended
Nosfel, Mindala Jinka
Lavinia Meijer, Solitude
Ichiko Aoba, Sonar
Ichiko Aoba, luminescents creatures, Pirsomnia

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halte poétique « les échappées obliques » 
Fanta Diallo et Zéno Bianu

Rebirth, Fanta Diallo, 2025, céramique , 40cm Ø

En écho le recueil de Zéno Bianu, Infiniment proche, ed. Poésie-Gallimard

« Quel est ce lieu
où la naissance du monde
écoute à l’intérieur de nous 

où se forme cette lumière

qui ne fait plus semblant d’être»

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Musiques

Saycet, Corail
Farah Fersi, Reborn
Arthur H, L’océan

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avec les voix de Laurence Bourgeois et Jean-Philippe Sadoux
Florian Auffray à la technique 

Vous pouvez retourver les échappées obliques sur Radio Transparence
www.radio-transparence.org/acceuil/categories/les-echapees-obliques

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crédit photo portrait Orée Li : Palomas Arcos
merci à Solène pour la technique
merci à Laure-Anne Darras qui a créé notre générique…
http://soundcloud.com/les-arpenteurs-poetiques/generique-de-lemission-les-arpenteurs-poetiques

Les arpenteurs poétiques – Joséphine Bacon

Les arpenteurs poétiques – Joséphine Bacon

 Diffusion : Jeudi 25 décembre 2025 à 10h
Rediffusion : Dimanche 28 décembre 2025 à 11h
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une émission [en rediffusion] préparée par Coralie Poch
avec la participation de Noée Maire, Vincent Alvernhe et Jean-Marc Barrier

sommaire
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> Joséphine Bacon
> halte poétique ‘les échappées obliques’ : Véronique Matteudi / Michel Gendarme
> halte poétique ‘le petit marché’ 

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Joséphine Bacon

Joséphine est une poète innue originaire de Pessamit, née en 1947. Réalisatrice, conteuse et parolière, elle est considérée comme une autrice phare du Québec. Comme beaucoup d’enfants de son âge elle a été enlevée à sa parents à l’âge de quatre ans pour être élevée dans un pensionnat catholique. Toute sa vie, elle l’a passée à collecter les récits de ses aînés. Sa poésie porte en elle toute la sagesse de son peuple. Un peuple nomade, relié à la terre et à l’esprit des animaux. Joséphine Bacon dit souvent d’elle-même qu’elle n’est pas poète, mais que dans son cœur nomade et généreux, elle parle un langage rempli de poésie où résonne l’écho des anciens qui ont jalonné sa vie. Tous ses recueils sont publiés aux édictions Mémoires d’encrier dans une édition bilingue en français et en innu.

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deux poèmes 

Ma vie me parle
D’où arrives-tu ?
Je ne te vois plus sur la terre
je ne t’entends plus quand tu rêves
j’ai perdu tes traces
où sont passés 
les chemins de portage ?
On dévie tes rivières,
les lacs crient et t’invitent à les secourir 

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nous sommes rares
nous sommes riches
comme la terre nous rêvons

Les ancêtres m’ont dit :
« Ton âme a rêvé bien avant toi.
Ton cœur a entendu la terre. »

 Joséphine Bacon, Bâtons à message 

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bibliographie

Recueils entendus pendant l’émission :
Bâtons à message / Tshissinuashitakana, Mémoire d’encrier, 2009.
Un thé dans la toundra / Nipishapui nete mushuat, Mémoire d’encrier, 2013
Uiesh – Quelque part, Mémoire d’encrier, 2018.
Joséphine Bacon, Kau Minuat – Une fois de plus, Mémoire d’encrier, 2023, 136 p. 

Autres recueils de poésie :
Joséphine Bacon et José Acquelin, Nous sommes tous des sauvages, Mémoire d’encrier, 2011.
Joséphine Bacon et Laure Morali (dir.), Nin Auass / Moi l’enfant, Mémoire d’encrier, 2021, 353 p.
(ISBN 9782897126919, 9782897126933 et 9782897126926)

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documentaire consacré à Joséphine Bacon

Je m’appelle humain réalisé et écrit par Kim O’bomsawin, Canada, Québec, 78 minutes
Vous avez aussi entendu un extrait de Joséphine à La fabrique culturelle
https://www.youtube.com/watch?v=CTzGVvj8IXs

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Musiques

Soda – Cinématic orchestra  https://www.youtube.com/watch?v=SA8q-9X1cdk
Jeremy Soule – Toundra  https://www.youtube.com/watch?v=hCPOPQVajWQ
Alela Diane / Oh! My Mama  https://www.youtube.com/watch?v=b3lxA6iK65I
Hania Rani / Glass  https://www.youtube.com/watch?v=mneDuKb3BT8
Thierry Bleton – Elf forest   https://www.youtube.com/watch?v=biYT8fKDdVg
Send Us to the mountains / Siika  https://www.youtube.com/watch?v=JQpqrZZ0oCQ
Andrew Bird – Epilogue  https://www.youtube.com/watch?v=lBasrOS8rnE

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halte poétique « les échappées obliques » 
Véronique Matteudi / Michel Gendarme

Tisser l’avenir, dessin à la mine de plomb, 297 x 420 mm
Site de l’artiste Véronique Matteudi : https://www.matteudi.com/

En écho, des poèmes de Michel Gendarme, Les poèmes arrangés, éditions Sinope.

Sa poésie parle de ce qui est en lisière, de ce qui peut être vu depuis un refuge, du point de vue d’un être indéfini, caché, par besoin, par survie
Son refuge est une forêt dans laquelle il enfouit sa vie, dans laquelle il s’enfuit, de laquelle il ne peut s’enfuir vraiment.

Poème 19

allongé je regarde le ciel venir établir l’ordre je croyais que la terre elle allait vite si
vite quand le vent et ça filait dans le ciel les nuages ils défilaient si vite sans bruit le
vent si mais les nuages non ils imitaient les sons des songes m’emmenaient loin dans
la terre à l’intérieur(e)

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Musiques

> Mali Sajio, Ballaké Sissoko et Ludovico Einaudi
> I Inside the Old Year Dying, PJ Harvey

avec les voix de Laurence Bourgeois, Coralie Poch et Noée Maire
à la technique Solène…
Vous pouvez retourver les échappées obliques sur Radio Transparence
www.radio-transparence.org/acceuil/categories/les-echapees-obliques

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halte poétique ‘le petit marché‘  Les coups de cœur des arpenteurs…

Coralie évoque la leçon inaugurale de Wajdi Mouawad au collège de France : « L’ombre en soi qui écrit »
https://www.college-de-france.fr/fr/agenda/lecon-inaugurale/ombre-en-soi-qui-ecrit/ombre-en-soi-qui-ecrit

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merci à Solène pour la technique
merci à Laure-Anne Darras qui a créé notre générique…
http://soundcloud.com/les-arpenteurs-poetiques/generique-de-lemission-les-arpenteurs-poetiques

 

Les arpenteurs poétiques – Cédric Le Penven

Les arpenteurs poétiques – Cédric Le Penven

Diffusion : Jeudi 27 novembre 2025 à 10h
Rediffusion : Dimanche 30 novembre 2025 à 11h

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une émission préparée par Vincent Alvernhe
avec la participation de Coralie Poch, Noée Maire et Jean-Marc Barrier

sommaire
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> Cédric Le Penven
> halte poétique ‘les échappées obliques’ : Giuseppe Penone et Juan Gelman
> le petit marché, les coups de cœur des arpenteurs 

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Cédric Le Penven

Cédric Le Penven est né en 1980. Agrégé de Lettres Modernes, il vit et enseigne dans le Sud-Ouest de la France. Il a publié une quinzaine d’ouvrages où se développe la question du biographique et de l’environnement, entre réminiscences et voyages, quotidien et introspection.

« À la lisière entre journal et poésie, Verger interroge la notion du temps, parle de l’apaisement par la contemplation, propose un regard centré sur les choses minuscules mais qui font le bonheur d’être au monde. Le verger n’est pas une métaphore, c’est un rapport au monde. » (La Dépêche du Midi) 

Il a obtenu le prix Voronca en 2004 pour Elle, le givre, paru aux éditions Jacques Brémond, et le prix Yvan Goll pour son recueil Nuit de peu, paru aux éditions Tarabuste en 2016.

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un poème

« Verger » éditions Unes 2019

le premier automne, j’ai creusé trente trous pour planter les arbres de mon verger après avoir décollé la couche d’herbe en la sarclant, je me saisis de la bêche et commence à retirer des mottes compactes. ]e les arrache au so1 et les rabats avec vitesse pour qu’elles se rompent, à côté du trou où elles retourneront lorsque j’aurai fini de les travailler et de les amender l’essoufflement vient vite mais la colère perdure: elle se nourrit de cette profondeur qui s’offre au regard, de ces scarabées noirs et luisants interrompus dans leur songe qui accomplissent des gestes lents et inutiles, sans parler des larves grasses ni de cette molle ondulation qui les pousse en avant tu constates qu’un lombric digère la terre qu’il traverse toi, tu creuses jusqu’à ne plus pouvoir tenir debout et tu n’épuises rien

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« Un peu d’être » éditions Unes 2025

[Un peu d’être est sans aucun doute un document important pour comprendre les mécanismes de l’écriture poétique chez un auteur pour qui cette question est pour le moins complexe. Mais c’est aussi bien plus que cela : c’est un texte de haute tenue, qui ne triche pas, moralement exigeant et stylistiquement remarquable. C’est un peu d’air, un air rare, pauvre en oxygène, un air des sommets pour le lecteur aussi ]
(Thierry Romagné, Diacritik)

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bibliographie

Journal de Diogène, éditions Unes, 2022
Un sol trop fertile, éditions Unes, 2021
Verger, éditions Unes, 2019
Juste un arbre juste, Aencrage & Co, 2018
Joachim, éditions Unes, 2016
Où le visage se trouve, Trame, 2016
Nuit de peu, Tarabuste, 2015
Bouche-suie, Editions Unes, 2015
Sur un poème de Thierry Metz, Jacques Brémond, 2013
Adolescence Florentine, Tarabuste, 2012
Permettez que ma voix, Contre Allées, 2011
Elégies Barbares, Rafaël de Surtis, 2010
Menus travaux, Tarabuste, 2009
L’Immobile serti de griffes, Encres vives, 2008
Ile de Cythère, à l’aube, Encres vives, 2005
Elle, le givre, Jacques Brémond, 2005
Orage, Editinter, 2001
essai : Thierry Metz, Les Vanneaux, 2017

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halte poétiqueles échappées obliques’ : Giuseppe Penone | Juan Gelman

Avec Laurence Bourgeois, découvrons une œuvre par la voie des ondes et écoutons en résonance des mots de l’artiste ou d’un poète. Aujourd’hui c’est une sculpture de Giuseppe Penone, Tra.

Giuseppe Penone, Tra
2008 Bronze, feuilles d’or -266,7 × 160 × 86 cm et 256,5 × 226 × 83,3 cm 

« Ce qui m’intéresse, dit l’artiste, c’est quand le travail de l’homme commence à devenir nature » Giuseppe Penone 

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poème : Juan Gelman 

deux arbres attachés au même oiseau /volent
tout autour des planètes/ouvrent
leurs feuilles/leurs rosées/leurs témoins de toi/
tournent autour de la lune qui monte de la pensée/
l’arbrisseau de droite a l’odeur de tes mains de soleil/
celui de gauche appuie la tête sur tes seins/
maintenant te voilà les bras ouverts
pour que commence le sud/

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Bibliographie 

Sèves pensées, Édition bibliothèque national de France
Vers le sud, et autres poèmes, Juan Gelman
Édition et trad. de l’espagnol (Argentine) par Jacques Ancet. Postface de Julio Cortázar
Collection Poésie/Gallimard (n° 491), Gallimard
L’Opération d’amour,  Gallimard 2006, traduit par Jacques Ancet,
Édition nrf, du monde entier, Gallimard 

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Musique 

> In the forest, album transparent water, Omar Sosa, Seckou Keita  

> Un nid, album no sport, Rodolphe Burger 

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halte poétique ‘le petit marché’

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merci à Solène pour la technique en studio
merci à Laure-Anne Darras qui a créé notre générique…
http://soundcloud.com/les-arpenteurs-poetiques/generique-de-lemission-les-arpenteurs-poetiques

 

Les arpenteurs poétiques – Aurélie Delcros

Les arpenteurs poétiques – Aurélie Delcros

Diffusion : Jeudi 23 octobre 2025 à 11h
Rediffusion : Dimanche 26 octobre 2025 à 11h


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une émission préparée par Jean-Marc Barrier
avec la participation de Noée Maire et Vincent Alvernhe 

sommaire
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> Aurélie Delcros
> halte poétique ‘je te poème’ : Elisabeth Aragon
> le petit marché, les coups de cœur des arpenteurs 

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Aurélie Delcros

Aurélie Delcros écrit des poèmes, joue du violon et vit en Ariège. Ses poèmes ne ressemblent à aucun autre. Et si l’on cherche en quoi cette surprise se renouvelle, on voit que les mots naissent en elle d’une écoute sincère du monde, d’une collecte de sensations au sein desquelles Aurélie Delcros est très présente.
Son angle pour saisir la multiplicité du vivant est singulier, et d’une manière naturelle, elle écrit avec sa sensibilité, son histoire sans doute, sa perception nue et son élan. Ainsi lire ou entendre un poème d’Aurélie Delcros, c’est une expérience : celle d’entrer dans le regard et la peau d’un autre, et finalement de re-découvrir le monde dans son mouvement. En même temps, entrer dans un usage inhabituel de la langue, qui constitue un acte poétique…

Quand j’entends ses poèmes, je repense à ce texte de Danièle Sallenave :

« Lorsque nous levons les yeux afin de contempler l’éclat du monde, ce que nous voyons d’abord c’est nous-mêmes : les minuscules mouchetures de l’humeur vitreuse, dessinant dans le ciel de capricieuses constellations. Telle est la difficulté où nous sommes enfermés : comment saisir ce que nous sommes, sinon dans le monde où nous sommes jetés ? Mais qu’est-ce que le monde, sinon ce que j’en vois, donc ce que je suis ? Il n’y a d’autre moi que la voix qui fait tenir ensemble ces morceaux désassemblés, dans la mélancolie, la nostalgie, l’observation aiguë, l’humour, la distance. »

Aurélie Delcros aime faire des lectures en musique avec Roula Safar et travailler avec Chantal Barlier, artiste.

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un poème

Ils n’ont pas dormi dans la même étable, le cheval et lui
Une rivière les séparait

Pourtant, il l’entendait mâcher
et mâcher la rivière

Couché dans la paille
il lisait à son oreille
les bruits de la nuit
et ceux, intérieurs, du cheval
Les rêves mâchés
dans l’obscurité du grand corps
     la pensée      l’organisme

jusqu’aux paroles dételées de la nuit

et le petit matin
est apparu comme une pauvreté

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un livre d’artiste

Bol de lentilles est un livre réalisé avec et par Marc Granier
aux éditions Les Monteils,  un livre imprimé au plomb avec linogravures 

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Chantal Barlier

certains poèmes lus dans cette émission accompagnent des encres de Chantal Barlier,
dont vous pouvez découvrir ses œuvres ici : https://art-tchan.fr/

 

 

 

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halte poétiqueje te poème’ :
Elisabeth Aragon

Jean-Marc Barrier a rencontré Elisabeth Aragon et nous découvrons ses poèmes et ses engagements…Elisabeth Aragon, poétesse française, est née en 1964 à Toulouse où elle réside, quand elle n’est pas en Andalousie son autre « pays de cœur ». Passionnée d’art, musique, peinture, chanson, elle est portée depuis sa jeunesse par la Poésie. 

Recueils :

La Découvrance, éditions lunoison 1987, Garde-moi de l’oubli, éditions Rumeur des âges 1995 (mis en scène au théâtre), L’échappée belle, éditions du petit véhicule 1999, Horizon andalou, Az’art atelier éditions 2017(édité également en espagnol) en espagnol, Les pas ombrés, collection EspartO chez Az’art Atelier éditions 2024.

Elle est depuis 2021 Maître es Jeux de l’Académie des Jeux Floraux.
Elle dirige depuis 2024 la collection EspartO chez Az’art ateliers éditions, essentiellement en langue française et espagnole.
https://www.azartatelier-editions.com/

Publications : dans différentes revues comme Encres-vivesComme en poésieDécharge. 

Sa poésie s’ancre dans la récurrence des thèmes comme la mémoire, la nature, la lutte, où la nature est omniprésente. Elle garde au cœur la volonté du partage à travers des lectures, des ateliers d’écriture, la volonté du partage et de l’écoute, en lien avec son ancien métier d’Assistante-Sociale auprès d’enfants et leurs parents notamment.

« Nous avancerons sans savoir le retour, sans avoir baptisé le lit, sans avoir dénombré les failles obscures, ni dénoué les nœuds de nos chaussons de bruine.
Mais ne pas à avoir ranger l’infini des mémoires. »

quelques livres de la collection EspartO dirigée par Elisabeth Aragon

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un poème

Flotter sur l’état du monde
Et voilà que tu m’amènes
Dans la piètre sollicitude des bleus
Assez longtemps pour nos murmures
Dans le gravat des mosaïques, du marbre
Quel argument pour cette lumière jamais éteinte ?
En cet instant de dire sous silence
Le croupissement du corps dans un cachot
Celui du fils, méconnaissable.

Poinçons rouges des éoliennes
Toujours recommencé à marée basse
Tendre les mains au radeau
Dans les serres suffocantes d’Almeria
La voltige d’un ventilateur
Bidons éventrés des pesticides
Le poison au sel de l’entaille
Le court-circuit, le feu
Sans noria, ni tongs de pneu
Dôme fluo, sol de palettes
Duvet humide sous la rocade
Les quatre coins du monde
Cette mise à bas des acores
Terre promise du migrant.

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halte poétique ‘le petit marché’

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merci à Solène pour la technique en studio
merci à Laure-Anne Darras qui a créé notre générique…
http://soundcloud.com/les-arpenteurs-poetiques/generique-de-lemission-les-arpenteurs-poetiques

 

Les arpenteurs poétiques – Claude Esteban

Les arpenteurs poétiques – Claude Esteban

 

Diffusion : Jeudi 25 septembre 2025 à 19h15
Rediffusion : Dimanche 28 septembre 2025 à 11h
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une émission préparée par Jean-Marc Barrier
avec la participation de Noée Maire et Vincent Alvernhe 

(rediffusion)

sommaire
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> Claude Esteban
> halte poétique ‘des étoiles et des chiens, 76 inconsolés’ :
Pascal Comelade
> halte poétique ‘les échappées obliques’ :
Alberto Giacometti | Jean Genet
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les échappées obliques : Alberto Giacometti | Jean Genet 

avec Laurence Bourgeois, approchez une œuvre par la voie des ondes et en résonance des mots d’un poète.

Pommes dans l’atelier, 1950, Oil on canvas, 70 x 42.5 cm.
En écho L’Atelier d’Alberto Giacometti de Jean Genet, Éd. Gallimard, Collection, L’arbalète/Gallimard
« Les doigts jouent le long de la statue. Et c’est tout l’atelier qui vibre et qui vit.»
avec les voix de Laurence Bourgeois et Jean-Marc Barrier
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Musiques
> Stalker – the pool sequence
> Alva Noto & Ryuichi Sakamoto: « Moon »
>Claudio Capéo – Un homme debout
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> vous pouvez retrouver les échappées obliques sur Radio transparence :
https://www.radio-transparence.org/acceuil/categories/les-echapees-obliques

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merci à Solène pour la technique en studio
merci à Laure-Anne Darras qui a créé notre générique…
http://soundcloud.com/les-arpenteurs-poetiques/generique-de-lemission-les-arpenteurs-poetiques

 

Les arpenteurs poétiques – Antonio Gamoneda

Les arpenteurs poétiques – Antonio Gamoneda

Diffusion : Jeudi 26 juin 2025 à 19h15
Rediffusion : Dimanche 29 juin 2025 à 11h
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une émission préparée par Vincent Alvernhe
avec la participation de Noée Maire, Coralie Poch, Jean-Marc Barrier et Pierre Tisseyre (voix espagnole)

sommaire
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> Antonio Gamoneda
> halte poétique ‘les échappées obliques’ : Françoise Carrère – Philippe Forcioli
> le petit marché, les coups de cœur des arpenteurs 

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Antonio Gamoneda

Antonio Gamoneda est né en Espagne en 1931.

Ne pouvant pas aller à l’école à cause de la guerre civile, à 5 ans, il apprend à lire avec le seul livre présent dans la bibliothèque familiale : un livre de poésie écrit par son père.

Pendant les années 50 et 60 il partage sa vie entre formation d’autodidacte et travail d’écriture, d’une part, et, de l’autre, un actif militantisme anti-franquiste. Poésie d’un profond enracinement dans la vie. Poésie du temps qui passe.

« Dans les pages de cette clarté sans repos, Antonio Gamoneda a su faire parler l’oubli sans avoir prise sur le secret. Perdu désormais. » Alain Freixe

Antonio Gamoneda a obtenu les deux plus grands prix du monde hispanique : le prix Reina Sofía de poésie ibéro-américaine et, surtout, le Prix Cervantès, le Nobel hispanique.

(tous les textes lus ont été traduits par Jacques Ancet)

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un poème

D’un rossignol absorbé par la cendre, de ses noires
entrailles musicales, surgit une tempête. Le pleur descend
aux anciennes cellules, j’aperçois des fouets vivants
et le regard immobile des bêtes, leur aiguille froide dans
mon cœur.

Tout est présage. La lumière est moelle d’ombre : les
insectes vont mourir dans les bougies du petit jour. Ainsi
brûlent en moi les significations.

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halte poétique ‘les échappées obliques’ :
Françoise Carrère │ Philippe Forcioli

Je meurs d’amour, de Françoise Carrère
21 x 21 cm, lavis et calligraphie

Françoise Carrere est une artiste éclectique, qui a exploré l’argile, l’écriture, la peinture et la calligraphie.
Toutes ses approches elle les appréhende autant par l’ancrage que par l’élan et la gestuelle.
« les pieds dans terre et la tête dans les étoiles »

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En écho des poèmes de Philippe Forcioli
Routes de feuilles, éd. G. Berthezene, 1993

je meurs d’amour
à n’être pas dans les étoiles
je meurs d’amour dans ma prison
de poids de peur de pas paresses
je meurs d’amour en ce printemps
je meurs d’amour pour l’invisible flamme
l’impossible réponse
l’impossible question

Site de l’artiste : http://sitephilippeforcioli.free.fr/mettreunpeudemusique.htm

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avec les voix de Laurence Bourgeois, Coralie Poch et Noée Maire
à la technique Solène

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musiques

Thierry Bleton, El Forest
Philippe Forcioli, à la cime des arbres

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Vous pouvez retourver les échappées obliques sur Radio Transparence
www.radio-transparence.org/acceuil/categories/les-echapees-obliques

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halte poétique ‘le petit marché’

Jean-Marc : un nouveau livre dans la collection fibre.s aux éditions D&D :
Comme elle, je frissonne, de Isabelle Alentour, photographies de Yohann Teyssier-Verger

voir : https://www.fondsdotation-dd.org/page/2324502-collection-fibre-s

Vincent : un article sur David Lynch écrit par Laura Kaschichke
Noée : une pièce de théâtre : 
Les Secrets d’un gainage efficace est une pièce de théâtre écrite par Tiphaine Gentillau et le collectif « Les filles de Simone ». L’expérience du corps féminin y est abordé sur un ton humoristique, qui n’empêche pas l’émotion – de fait, bien des scènes m’ont bouleversée. Vous pouvez aussi vous procurer Les Secrets d’un gainage efficace aux éditions Actes sud théâtre (1019).

Le collectif jouera à Avignon au théâtre Le Onze une nouvelle pièce : Les subversives, du 7 au 24 juillet à 11h15.

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merci à Solène pour la technique en studio
merci à Laure-Anne Darras qui a créé notre générique…
http://soundcloud.com/les-arpenteurs-poetiques/generique-de-lemission-les-arpenteurs-poetiques

 

Les arpenteurs poétiques – Arun Kolatkar

Les arpenteurs poétiques – Arun Kolatkar

 

Diffusion : Jeudi 29 mai 2025 à 19h15
Rediffusion : Dimanche 1er juin 2025 à 11h
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une émission préparée par Noée Maire
avec la participation de Coralie Poch et Vincent Alvernhe

sommaire
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> Arun Kolatkar
> halte poétique ‘les échappées obliques’ : Magdalena Lamri – Martine Audet
> le petit marché, les coups de cœur des arpenteurs 

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Arun Kolatkar

Noée Maire vous fait entendre ce mois-ci des poèmes du recueil Kala Ghoda Poèmes de Bombay d’Arun Kolatkar, poète indien né en 1932 et décédé en 2004.

Arun Kolatkar écrivait en langues marathi et anglaise. Proche des surréalistes et des auteurs américains de la « Beat génération », il a aussi été traducteur et peintre, le tout à l’écart des cercles artistiques de son pays car il tenait à l’invisibilité et à la marginalité. Il ne quittait que rarement sa ville qu’il préférait nommer Bombay plutôt que l’équivalent hindou Mumbay pour mieux dire la « ville-monde » qu’elle est indéniablement, hindoue oui bien sûr, mais aussimusulmane, chrétienne, juive, sans compter l’héritage colonial.

Il a passé les vingt dernières années de sa vie à noircir ses carnets de notes prises depuis un café, toujours le même dans la quartier de Kala Ghoda, face à un carrefour-îlot. C’était son poste d’observation. Le recueil Kala Ghoda Poèmes de Bombay représente une journée dans ce carrefour, donnant à voir tous les détails réjouissants de la rue dans une langue orale qui n’empêche pas la grâce. Après les ordures-offrandes du petit matin, il s’intéresse à un vieux pneu de vélo, puis c’est l’heure de manger, et au fil des pages il nous présente le petit peuple des rues, balayeuse-déesse, ivrogne, chaton affamé, éplucheurs de pommes de terre, et bien d’autres, toujours avec tendresse et humour.

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un poème

Les éplucheurs de pommes de terre

Rétro-éclairés par leurs rêves,
ils sont assis sur trois cageots renversés
devant l’entrée d’un garage
converti en cuisine de restaurant,
les coudes sur les genoux,
jambes nues, torse nu,
courbés sur des pommes de terre
qui tournent lentement entre leurs mains,
la face sombre de l’âme des uns
à peine éclairée par
la lumière réfléchie
des pensées inexprimées des autres.

Le silence isocèle
des éplucheurs de pommes de terre forme
un prisme qui diffracte
la pensée fugitive qui traverse
l’esprit d’un jeune livreur
en train de garer son vélo
(vacillant sous des monceaux de pain,
deux monstrueux sacs en jute
de chaque côté du guidon,
un troisième sur le porte-bagages),
et projette le bizarre éclat
d’un arc illicite rayant le ciel,
puis vient toucher l’esprit d’une simplette
aux airs de Bouddha rieur
qui dort toujours
sur un carton ondulé
sous le banyan barbu,
la tête rasée appuyée sur un chien jaune,
en partie recouverte par un lambeau
de vieille affiche de cinéma,
et qui éclate de rire jusque dans son sommeil.

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bibliographie en français

Kala Ghoda Poèmes de Bombay, Gallimard nrf, 2013
Jejuri, Banyan 2020

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musiques de l’émission

kyabaat – indian jazz musicSisonido
https://www.youtube.com/watch?v=-0tZjeuEOc8&list=PLR5auAn2jtXdjSozf_pJN899DtvOY5-Xi&index=3

Bertrand Belin « Choses nouvelles »
https://www.youtube.com/watch?v=-IDU-jOzN20

Blues Walk – Wynton Marsalis Quintet with Sachal Jazz Ensemble at Jazz in Marciac 2013
https://www.youtube.com/watch?v=e85wO8rsCoQ

Dooz Kawa « Story d’une souris triste » https://www.youtube.com/watch?v=CBQPb5Y1sjs

Anoushka Shankar et Patricia Kopatchinskaja
https://www.youtube.com/watch?v=7F5HND4F6Fo

Arthur Teboul & Baptiste Trotignon – ARTE Concert’s Piano Day « La Ville s’endormait » (de Brel)
https://www.youtube.com/watch?v=QrvYPc8r_f0

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halte poétique ‘les échappées obliques’ :
Magdalena Lamri │ Martine Audet

J’ai planté nos poussières, de Magdalena Lamri
Fusain, 60 x 60cm, 2023
Site de l’artiste : https://www.magdalenalamri.com/

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En écho des poèmes de Martine Audet,
La société des cendres, éditions du Noroît

Avant la nuit
les astres gonflent
encore du ciel
au sang des tempes
de minces lambeaux
– tachés de voix
cheveux
les arbres
et nos poussières

La roue des cendres
– grand miroir à compter
que recueillir ?
Quoi disperser ?
Quelque chose du vent
n’a plus de prise
J’attends du poème
qu’il me laisse passer.

Ai-je cédé au sommeil
qui t’expose ?
A l’instant qui me sépare
du monde ?
Ce qui résiste éclaire
fait scintiller les arbres
le mouvement des arbres
Vivre ?
Est-ce parler du cœur ? 

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musiques
> Seeing Stars, leo Abrahams
> Day One One, F.S.Blumm, Nils Frahm
> The symphony, Mesparow

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avec les voix de Laurence Bourgeois, Cécile Hug, Jean-Philippe Sadoux, et Florian Auffray à la technique
Vous pouvez retourver les échappées obliques sur Radio Transparence
www.radio-transparence.org/acceuil/categories/les-echapees-obliques

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merci à Solène pour la technique en studio
merci à Laure-Anne Darras qui a créé notre générique…
http://soundcloud.com/les-arpenteurs-poetiques/generique-de-lemission-les-arpenteurs-poetiques