ça vient
Chroniques Antarctique
Chronique 4 :
ça vient
Chronique 3 : On arrive en Mer de Ross

Dans la chronique précédente, nous avions déployé une bouée océanographique, le Tipod, qui va dériver pendant 2 ans autour de l’Antarctique afin de mesurer différents paramètres de l’Océan austral. Aujourd’hui, nous devions à l’inverse récupérer un mouillage océanographique qui a été mis à l’eau il y a un an par des collègues Néo-zélandais mais nous n’avons pas trouvé cette ligne de mouillage et la raison de cet échec est expliquée par Thomas, l’officier navigateur du Persévérance : il a pu détecter que la zone du mouillage située sur une montagne sous-marine, donc très poissonneuse, était fréquentée par de nombreux navires de pêche, qui ont probablement arraché le mouillage dans leurs chaluts …..
Le 31 janvier nous pénétrons en Mer de Ross grâce à un passage dans la banquise trouvé grâce aux images satellites (voir la carte), nous croisons nos premiers icebergs et Noé, le second capitaine, nous commente cette navigation très particulière.

Chronique 2 : Déploiement de la bouée Tipod dans le courant circumpolaire

Aujourd’hui, 6 jours après le départ de Nouvelle Zélande, nous sommes par 60° de latitude sud et nous sommes donc rentrés dans le courant circumpolaire (ACC). Ce fort courant parcourt l’Océan Austral tout autour de l’Antarctique d’Ouest en Est. L’Océan Austral est un élément très important dans la machine climatique planétaire, c’est un Océan froid et très turbulent à cause des vents de tempêtes qui y soufflent en permanence, c’est donc un puits d’absorption majeur pour le CO2 atmosphérique, le fameux gaz à effet de serre que les humains n’arrêtent pas de balancer depuis 2 siècles. Mais il est difficile à étudier car très peu fréquenté par les navires surtout en hiver, comme nous l’explique Jean- Louis. Une manière de contourner ce problème est de larguer des bouées autonomes dérivant dans le courant circumpolaire qui transmettent leurs mesures océaniques et atmosphériques par satellite .
C’est ce que nous avons fait hier depuis le Perséverance, la bouée que nous avons déployée s’appelle Tipod. C’est une grosse bestiole de 6 m de haut, qui pèse 750kg, qui flotte en surface grâce à un gros flotteur en mousse et qui comporte plusieurs types d’instruments de mesure météorologiques et océanographiques. Tipod va dériver tranquillement autour de l’Antarctique pour un bon bout de temps . L’espérance de vie des batteries lithium, rechargées quotidiennement par les panneaux solaires, devrait permettre 2 ans de fonctionnement donc au moins un tour d’Antarctique, s’il n’arrive rien de fâcheux à notre Tipod dans les grosses tempêtes ou par échouage aléatoire sur une côte …
La particularité du Tipod, c’est que ce n’est pas un objet commercial. Il a été entièrement conçu et construit en collaboration avec un lycée professionnel, le Lycée Rascol à Albi , grâce à Jean-Louis originaire du Tarn.

Chronique 1 : Le départ de la mission et ses objectifs


Nous sommes partis hier de Nouvelle Zélande et nous sommes actuellement par 50 degrés de latitude Sud en route pour traverser l’Ocean Austral jusqu’à la Mer de Ross que nous devrions atteindre dans une dizaine de jours.
Le trajet prévu pour cette mission de 2 mois apparait sur la carte ci contre, nous longerons les côtes de l’Antarctique en Mer de Ross puis en Mer de Dumont d’Urville, nous visiterons plusieurs stations scientifiques et la mission s’achèvera à Hobart en Tasmanie.
Comme Jean-Louis nous l’explique dans cette première chronique, les zones que nous allons traverser ont un statut d’aire marine protégée (AMP) depuis 2016 car elles hébergent de nombreuses colonies d’oiseaux et de manchots qui s’y reproduisent ainsi que d’importantes populations de mammifères marins, phoques et cétacés comme indiqué sur la carte L’objectif principal de notre mission est donc d’établir un inventaire de ces populations protégées après 10 ans d’existence de l’AMP.
