Écouter le direct Chargement du titre...

Chronique Antarctique 4 : Océanographie en Mer de Ross

Chronique Antarctique 4 : Océanographie en Mer de Ross

Diffusion le mercredi 15 juillet à 9h30.

 

 

Après la traversée de l’Océan Austral depuis la Nouvelle-Zélande, nous somme rentrés en Mer de Ross et aujourd’hui nous avons atteint la Barrière de Ross, ce sont d’immenses falaises de glace continentale, qui nous barrent la route, donc qui marquent le point le plus Sud de notre mission par 77°30 de latitude Sud à 1400km à vol d’oiseau du Pôle Sud.

La mer de Ross est unique en termes d’écologie et de climat. En particulier :

  • La barrière de Ross qui s’étend sur une longueur 800km est la frontière entre la mer et une vaste plateforme glaciaire, en anglais le Ross Iceshelf, qui couvre une surface de 500 000km2 vers le sud jusqu’au Monts Transantarctiques, à 500km du Pôle Sud. Cette plateforme, grande comme la France, peut atteindre 600m d’épaisseur de glace et flotte sans toucher le fond, donc elle se brise en permanence le long de sa frontière avec la mer et génère ces immenses icebergs que nous avons croisés tout au long du trajet.
  • Comme la Mer de Ross se situe très au sud du Cercle Polaire, le jour est continu pendant plusieurs mois d’été, donc en ce moment pour nous, et la nuit polaire, dure plusieurs mois d’hiver avec obscurité totale.
  • Autre particularité météorologique : les régimes de vents catabatiques, ce sont des vents de secteur sud très violents générés par des masses d’air froid qui dévalent des Montagnes Transantarctiques, se refroidissent encore plus en traversant la plateforme glaciaire pour finalement débouler sur la mer. On s’en est pris plusieurs fois pendant la mission, ça monte brutalement à 50-60 noeuds et ça ne rigole pas !!!
  • Une conséquence de ces forts vents de sud, qui sont fréquents tout au long de l’année, c’ est qu’ils cassent la banquise dès qu’elle se forme et qu’ils repoussent les glaces dérivantes vers le Nord, donc le milieu de la Mer de Ross est libre de banquise en permanence, même en hiver, c‘est ce qu’on appelle une polynie.
  • Dans cette polynie, où donc l’eau de surface est en contact permanent avec les vents, on rencontre d’importants courants verticaux et horizontaux dans les masses d’eau. Notamment, la remontée d’eaux de fond plus froides et plus denses, riches en nutriments, vers la surface de la mer, qui remplace les eaux de surface pauvres en nutriments. Les régions de remontée d’eau favorisent la floraison de phytoplancton, ce qui permet une plus grande diversité d’organismes dans toute la chaîne alimentaire des petits poissons jusqu’aux baleines

En raison de ces facteurs écologiques et climatiques uniques, la mer de Ross est un endroit idéal pour étudier l’évolution des espèces marines et pour déterminer les effets biologiques du changement climatique. C‘est aussi la raison pour laquelle elle a été déclarée Aire Marine protégée en 2016 et que nous sommes ici pour en faire le bilan au bout de 10 ans. Dès notre arrivée dans cette mer, nous avons donc commencé notre campagne de mesures des différents paramètres physico chimiques et biologiques qui caractérisent ce milieu si particulier. Emmanuel Boss, un chercheur océanographe franco-américain, nous détaille toutes ces manipes, notamment celles concernant la couleur de l’eau, liée à la concentration de phytoplancton, qui serviront à calibrer les photos du satellite PACE.

 

Chronique Antarctique 3 : On arrive en Mer de Ross

Chronique Antarctique 3 : On arrive en Mer de Ross

Diffusion le dimanche 12 juillet à 12h10

Dans la chronique précédente, nous avions déployé une bouée océanographique, le Tipod, qui va dériver pendant 2 ans autour de l’Antarctique afin de mesurer différents paramètres de l’Océan austral. Aujourd’hui, nous devions à l’inverse récupérer un mouillage océanographique qui a été mis à l’eau il y a un an par des collègues Néo-zélandais mais nous n’avons pas trouvé cette ligne de mouillage et la raison de cet échec est expliquée par Thomas, l’officier navigateur du Persévérance : il a pu détecter que la zone du mouillage située sur une montagne sous-marine, donc très poissonneuse, était fréquentée par de nombreux navires de pêche, qui ont probablement arraché le mouillage dans leurs chaluts …..

Le 31 janvier nous pénétrons en Mer de Ross grâce à un passage dans la banquise trouvé grâce aux images satellites (voir la carte), nous croisons nos premiers icebergs et Noé, le second capitaine, nous commente cette navigation très particulière.

Chronique Antarctique 2 : Déploiement de la bouée Tipod dans le courant circumpolaire

Chronique Antarctique 2 : Déploiement de la bouée Tipod dans le courant circumpolaire

Diffusion le mercredi 8 juillet à 9h30.

Aujourd’hui, 6 jours après le départ de Nouvelle Zélande, nous sommes par 60° de latitude sud et nous sommes donc rentrés dans le courant circumpolaire (ACC). Ce fort courant parcourt l’Océan Austral tout autour de l’Antarctique d’Ouest en Est. L’Océan Austral est un élément très important dans la machine climatique planétaire, c’est un Océan froid et très turbulent à cause des vents de tempêtes qui y soufflent en permanence, c’est donc un puits d’absorption majeur pour le CO2 atmosphérique, le fameux gaz à effet de serre que les humains n’arrêtent pas de balancer depuis 2 siècles. Mais il est difficile à étudier car très peu fréquenté par les navires surtout en hiver, comme nous l’explique Jean- Louis. Une manière de contourner ce problème est de larguer des bouées autonomes dérivant dans le courant circumpolaire qui transmettent leurs mesures océaniques et atmosphériques par satellite .

C’est ce que nous avons fait hier depuis le Perséverance, la bouée que nous avons déployée s’appelle Tipod. C’est une grosse bestiole de 6 m de haut, qui pèse 750kg, qui flotte en surface grâce à un gros flotteur en mousse et qui comporte plusieurs types d’instruments de mesure météorologiques et océanographiques. Tipod va dériver tranquillement autour de l’Antarctique pour un bon bout de temps . L’espérance de vie des batteries lithium, rechargées quotidiennement par les panneaux solaires, devrait permettre 2 ans de fonctionnement donc au moins un tour d’Antarctique, s’il n’arrive rien de fâcheux à notre Tipod dans les grosses tempêtes ou par échouage aléatoire sur une côte …

La particularité du Tipod, c’est que ce n’est pas un objet commercial. Il a été entièrement conçu et construit en collaboration avec un lycée professionnel, le Lycée Rascol à Albi , grâce à Jean-Louis originaire du Tarn.

Chronique Antarctique 1 : Le départ de la mission et ses objectifs

Chronique Antarctique 1 : Le départ de la mission et ses objectifs

Diffusion le dimanche 5 juillet à 12h10

 

Nous sommes partis hier de Nouvelle Zélande et nous sommes actuellement par 50 degrés de latitude Sud en route pour traverser l’Ocean Austral jusqu’à la Mer de Ross que nous devrions atteindre dans une dizaine de jours.

Le trajet prévu pour cette mission de 2 mois apparait sur la carte ci contre, nous longerons les côtes de l’Antarctique en Mer de Ross puis en Mer de Dumont d’Urville, nous visiterons plusieurs stations scientifiques et la mission s’achèvera à Hobart en Tasmanie.

Comme Jean-Louis nous l’explique dans cette première chronique, les zones que nous allons traverser ont un statut d’aire marine protégée (AMP) depuis 2016 car elles hébergent de nombreuses colonies d’oiseaux et de manchots qui s’y reproduisent ainsi que d’importantes populations de mammifères marins, phoques et cétacés comme indiqué sur la carte L’objectif principal de notre mission est donc d’établir un inventaire de ces populations protégées après 10 ans d’existence de l’AMP.

Daniel : Capitaine au long cours et plongeur.

Daniel : Capitaine au long cours et plongeur.

 

Daniel Cron est capitaine au long cours dans la marine marchande. Il explique son parcours professionnel et raconte ses nombreuses expériences sur toutes les mers du globe et même sous la mer et la glace en tant que plongeur.

Manu : Ancien pêcheur, conchyliculteur et engagé syndical.

Manu : Ancien pêcheur, conchyliculteur et engagé syndical.

Manu Liberti est un ancien pêcheur et conchyliculteur de la lagune de Thau. Il raconte son parcours, son engagement syndical et l’histoire de la coopérative des cinq ports.

Port du Barrou, Sète

Hervé, marin voyageur et ingénieur océanographe.

Hervé, marin voyageur et ingénieur océanographe.

 

 

 

Hervé Le Goff est marin voyageur et ingénieur océanographe au CNRS. Il parle de sa formation et raconte ses aventures sur toutes les mers du globe du Pôle Nord au Pôle Sud.

 

Les chroniques radio de Hervé : https://www.rphfm.org/tous-les-programmes/antarctique/ 

Antarctique, carnet de bord d’un océanographe

Méditerranée – chroniques d’un océanographe

Le Seamen’s club : Accueil des marins étrangers en escale à Sète.

Le Seamen’s club : Accueil des marins étrangers en escale à Sète.

 Le Seamen’s club est une association basée à Sète. Hélène Scheffer , sa présidente nous explique quelles sont ses missions. Patrick, le seul salarié de l’association nous parle de son travail à bord des bateaux étrangers qui font escale dans le port de Sète. On entend aussi Catherine et Bruno, bénévoles.

Patrick, visiteur de navire.