
Aujourd’hui, 6 jours après le départ de Nouvelle Zélande, nous sommes par 60° de latitude sud et nous sommes donc rentrés dans le courant circumpolaire (ACC). Ce fort courant parcourt l’Océan Austral tout autour de l’Antarctique d’Ouest en Est. L’Océan Austral est un élément très important dans la machine climatique planétaire, c’est un Océan froid et très turbulent à cause des vents de tempêtes qui y soufflent en permanence, c’est donc un puits d’absorption majeur pour le CO2 atmosphérique, le fameux gaz à effet de serre que les humains n’arrêtent pas de balancer depuis 2 siècles. Mais il est difficile à étudier car très peu fréquenté par les navires surtout en hiver, comme nous l’explique Jean- Louis. Une manière de contourner ce problème est de larguer des bouées autonomes dérivant dans le courant circumpolaire qui transmettent leurs mesures océaniques et atmosphériques par satellite .
C’est ce que nous avons fait hier depuis le Perséverance, la bouée que nous avons déployée s’appelle Tipod. C’est une grosse bestiole de 6 m de haut, qui pèse 750kg, qui flotte en surface grâce à un gros flotteur en mousse et qui comporte plusieurs types d’instruments de mesure météorologiques et océanographiques. Tipod va dériver tranquillement autour de l’Antarctique pour un bon bout de temps . L’espérance de vie des batteries lithium, rechargées quotidiennement par les panneaux solaires, devrait permettre 2 ans de fonctionnement donc au moins un tour d’Antarctique, s’il n’arrive rien de fâcheux à notre Tipod dans les grosses tempêtes ou par échouage aléatoire sur une côte …
La particularité du Tipod, c’est que ce n’est pas un objet commercial. Il a été entièrement conçu et construit en collaboration avec un lycée professionnel, le Lycée Rascol à Albi , grâce à Jean-Louis originaire du Tarn.
