mercredi, 19 juin 2013|

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Tindersticks

-Du 27 février au 2 mars : Tindersticks "The Something rain" (City Slang)

Biographie (Wikipedia)

L’origine des Tindersticks remonte au groupe de Nottingham, Asphalt Ribbons, comprenant Stuart Staples, David Boulter et Dickon Hinchcliffe. Les trois hommes rejoints par Neil Fraser, Mark Colwill et Al Macaulay formèrent les Tindersticks en 1992. Le premier single du groupe, Patchwork, est sorti en novembre 1992, sur leur propre label indépendant, Tippy Toe. Le deuxième single sort en mars 1993, tout comme A Marriage Made in Heaven, fruit d’une collaboration avec Niki Sin du groupe britannique Huggy Bear. Aussitôt après la sortie du EP Unwired EP, le groupe signera sur le label This Way Up, tout récemment créé à l’époque.

Le premier album studio, titré simplement Tindersticks, sort en octobre 1993. Il obtiendra un très grand succès critique, et sera déclaré « Meilleur album de l’année » par le magazine britannique Melody Maker. Leur deuxième album (lui aussi titré Tindersticks) sort en avril 1995, et contient des titres en collaboration avec Terry Edwards (du groupe Gallon Drunk) et Carla Torgerson (du groupe The Walkabouts). La tournée de concerts qui suit donnera lieu à un album live, The Bloomsbury Theatre, fin 1995. À cette période, la réalisatrice française Claire Denis, qui les découvre lors d’un concert au Bataclan[1], leur demande de réaliser la bande originale de son prochain film, débutant ainsi une longue collaboration artistique.

En 2006, le groupe se reforme pour un unique concert et se rend bien compte que la formule à six ne fonctionne plus comme avant, qu’il est allé aussi loin que possible au niveau artistique. De plus, Stuart a quitté son Angleterre natale pour s’installer dans la Creuse, où il monte son propre studio, Le Chien chanceux. C’est dans ce lieu que le groupe se reformera, dans sa forme originelle de trio : Stuart Staples au chant, Neil Fraser à la guitare et David Boulter au piano. Les « Nottingham Lads » trouvent une énergie nouvelle et enregistrent beaucoup de titres, très rapidement, aboutissant à la production d’un nouvel album, The Hungry Saw en avril 2008, après avoir été enregistré en huit jours. Cet opus est marqué, de nouveau, par la mélancolie et l’humour décalé propres aux Tindersticks, avec des titres phares tels que Yesterdays Tomorrow et All The Love.

Extrait des Inrockuptibles :

Un disque en hommage à leurs amis disparus – c’est pas gai, mais c’est beau. A l’époque de l’album précédent des Tindersticks, Stuart Staples avait raconté, déjà, la peine suscitée par les disparitions d’Alain Bashung et de la chanteuse Lhasa, dont il était proche. “Tellement de gens nous ont quittés ces dernières années, explique-t-il. Ce disque parle de ces personnes. Pour autant, je ne l’ai pas envisagé comme un album de deuil et je ne le vois pas comme un disque sombre. C’était plutôt un terrain pour réfléchir à comment on peut continuer à vivre normalement après tout ça. Comment les gens se débrouillent pour continuer à danser malgré tout.”

Si l’entreprise n’est pas gaie, elle donne lieu à un disque au raffinement admirable. Le groupe offre avec The Something Rain un successeur splendide à Falling down a Mountain, le disque qui, il y a deux ans, avait signé son retour lumineux. Revigorés par une longue tournée lors de laquelle ils revisitèrent les musiques composées pour les films de Claire Denis, les Tindersticks renouent aujourd’hui avec la magie de Curtains, enchaînant quelques instrumentaux formidables et une poignée de morceaux sensuels (Show Me Everything, Come Inside). Porté par des choeurs habiles et un Fender Rhodes voluptueux, le groupe parvient même à légitimer l’usage du saxophone.

Critique de Hartzine

Deux ans seulement après Falling Down A Mountain, les Tindersticks nous reviennent donc en plein cœur de l’hiver avec un neuvième album, ponctuant pas moins de vingt ans d’orfèvrerie musicale. Et on ne s’en plaindra sûrement pas tant au fil des années, le groupe est devenu pour nos oreilles un sûr refuge, cosy, nous abritant des agressions sonores et de la barbarie ambiante, opus après opus. The Something Rain ne fait ainsi pas exception à la règle, le groupe n’étant visiblement pas décidé à redescendre des cimes atteintes en 2008 avec le merveilleux The Hungry Saw, qui marqua d’une pierre blanche le retour du groupe après cinq années d’absence coupable. Et un constat s’impose d’emblée : le temps, les épreuves n’ont apparemment aucune prise sur eux. Ou du moins sur leur créativité. Car si l’on navigue ici en terrain connu, quelque chose a pourtant changé : c’est une formation à son climax qu’on retrouve ici, sûre de ses forces, et éprise d’une soif de liberté toujours plus grande. Les Tindersticks n’ont plus grand chose à prouver à qui que soit – si tant est qu’ils aient eu cet objectif en tête un jour – et laissent donc libre court à leurs envies et leur inspiration du moment. Les cuivres sont convoqués plus qu’à l’accoutumée, tout comme les boîtes à rythme, presque une incongruité tant on est préparé à recevoir, les concernant, une musique profondément organique. Ainsi se permettent-ils aussi d’ouvrir leur LP avec la superbe Chocolate, introduction spoken word longue de neuf minutes, temps subtilement exploité pour plonger l’auditeur dans le climat général du disque, tout en délicatesse, tension retenue, et suavité bienvenue. Puis on se délecte ensuite de retrouver Stuart A. Staples dès Show Me Everything, chanson toute en crescendo, et durant laquelle le désormais Creusois d’adoption démontre manu militari qu’il est bien l’un des meilleurs chanteurs de son époque, ses désormais fameux frémissements vocaux donnant invariablement une patine particulière aux titres du groupe. This Fire Of Autumn, tout comme Slippin’ Shoes, démontrent quant à elles que les Tindersticks sont aussi devenus un grand groupe de soul, à grand renfort de trompettes rutilantes, qui ne dépareilleraient pas sur une antique compilation Rythm & Soul. Medicine et sa pluie – fine – de cordes nous plonge dans une savoureuse mélancolie, tandis que la nerveuse Frozen fait s’affoler le tensiomètre, la guitare se faisant fouet, et un Staples en transe prenant l’apparence d’un prêcheur obsessionnel compulsif. Tout cela avant que sur Come Inside, l’ambiance ne se fasse plus caressante, avec chant sirupeux et saxophone décomplexé, les Anglais continuant ici avec brio l’entreprise de réhabilitation de l’instrument, entamée récemment par Destroyer ou Jens Lekman. On aurait presque envie d’emprunter un peignoir en satin à DSK, et de se lover dans un canapé en velours rouge, porte-cigarette à la bouche et cognac à la main.

Encore une fois, les Tindersticks, au travers de ces neufs nouveaux titres, ont donc réussi un coup de maître, cet album représentant même encore plus qu’à leur habitude une mise en son de la palette des émotions humaines, avec toutes leurs subtiles nuances. Pour, au final, ajouter une œuvre de plus à la discographie sans faille d’un groupe qui, plus que jamais, représente finalement la classe absolue.

http://www.tindersticks.co.uk/splash.php

 
 
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