lundi, 21 mai 2012|

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Le Skeleton Band

Fin 2007, naît le trio Le Skeleton Band. Dès le premier album (Preacher Blues), salué par la presse indé, le groupe trace sa route et choisi de naviguer dans un territoire sonore situé entre folk, blues et bastringue. Une musique aux sonorités foisonnantes, qui s’amuse à desosser les genres musicaux à l’aide de nombreux instruments et casseroles. Chaque chanson est une histoire, un film, où déambulent souvent de singuliers personnages. Après avoir enchainé les dates de concerts en France (1eres parties de Piers Faccini, Herman Düne..) et au delà des frontières hexagonales, Le Skeleton Band se laisse le temps pour des expériences musicales parallèles, crée un ciné-concert et, plus récemment, un BD-Concert sur l’œuvre de Thomas Ott. Fin 2010 sonne l’heure du retour en studio. Le groupe décide alors d’enregistrer chez Bob Drake (The Dead Brothers, Mama Rosin). Le Skeleton Band produit son nouveau disque : Bella Mascarade. Un album où l’on croise des vagabonds échoués, des décadents gondoliers, quelques orgues de mauvaise fortune et autres ronflants renforts… Approchez ! Approchez !

Trio montpelliérain, Le Skeleton Band avait déjà fait son petit effet avec l’excellent Preacher blues aux relents de cabaret enfumé et portant les traces des univers de Tom Waits ou Nick Cave. Son blues-folk-rock fiévreux définissait une identité singulière et remarquable et avec Bella mascarade, le groupe confirme cette option sur treize titres sans défaut.

Sur des textes décalés et captivants, dont le recours occasionnel au Français ("Petit téméraire", posé, ou le jazzy "Rengaine rafiot") n’altère en rien la qualité, Le Skeleton Band élabore des trames apaisées, ou faussement tranquilles, voire agitées comme sur "Vagabond rags" qui ouvre l’album, et use d’un panel instrumental élargi qui lui permet une certaine richesse dans l’ornement.

Son univers passionne et transporte, à la manière des productions des artistes cités plus haut, et le groupe a de toute évidence d’ores et déjà trouvé une cohérence affirmée. "Permanent vacation" instaure cette fièvre, cette énergie à la fois racée et débridée caractéristique du groupe, et la douce folie des sudistes, alliée à une acoustique de toute bauté, fait mouche entre autres sur "William Lee Conkey".

Quel que soit le tempo adopté, le climat mis en place, qu’il soit encanaillé ("Mistake"), posé ou au mitan des deux, Alex Lee Jacob et ses acolytes réussissent dans leur entreprise et se démarquent, fait important, des autres productions hexagonales, quand bien même celles-ci génèrent d’indéniables qualités. On les aime dans leurs excès comme dans leurs moments de quiétude ("Emêchée la mêche"), dans leur démence créatrice aussi ("New Orleans"), et l’élégance du propos fait le reste, associée bien sur à un jeu racé et dérangé ("Banqueroute").

En fin de parcours, jamais le contenu ne s’effiloche, entre "The lamb & the slaughter", délicat mais porteur de cette tension sous-jacente, "Ronflant renfort" et sa batterie assénée puis plus effacée, au "décor" musical merveilleux, et pour terminer un "Sittin’ on the top of the world" fait d’un folk épais et dénudé, qui met lui aussi en valeur une musique chatoyante.

Et Le Skeleton Band signe avec ce nouvel opus une œuvre de choix, à ranger auprès de la première, qu’elle complète avec brio, et des oeuvres de Tom Waits et consorts.

http://www.myspace.com/alexandthesk...

 
 
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