vendredi, 24 mai 2013|

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Cumbia 1 & 2

-Du 4 au 8 juin : Cumbia 1 & 2 (compilation World Circuit)

Chronique Mondomix :

Même si son nom ne vous dit rien, vous êtes sûrement capable de fredonner son refrain si vous regardiez la TV dans les années 80. Toute une génération d’Européens a en effet découvert la cumbia grâce à cette pub Nescafé qui reprenait La Colegiala et son rythme nonchalant aussi contagieux qu’une lambada. Les choses ont pas mal évolué depuis et la cumbia - d’origine colombienne mais largement diffusée de la Patagonie à la Californie - est désormais aussi populaire chez nous qu’il y a quelques années la salsa et la musique cubaine. Or, avant de provoquer le boom cubain du Buena Vista Social Club, le label World Circuit publiait en 90 et 93 deux compilations de cumbias tirées du catalogue Discos Fuentes - le Motown colombien -, première anthologie de classiques du genre produite en Europe. Outre l’incontournable Colegiala dans sa version la plus connue par Rodolfo y su Típica R.A.7, la sélection retient 30 titres courant de 1954 à 88, qui illustrent la variété de la cumbia colombienne, depuis son adaptation jazzy au format big band à son évolution sous influences rock ou salsa, sans oublier sa version plus roots, à l’accordéon. Si la plupart font figures de standards, cette réédition s’avère d’autant plus opportune qu’elle offre un nouvel éclairage au courant actuel de la nueva cumbia, qui reprend, sample et remixe allègrement ces hymnes de Pedro Laza ou Andrés Landero, comme le fait, sous d’autres lattitudes, le hip hop avec James Brown et George Clinton.

Yannis Ruel

Cumbe.canalblog.com :

Apparue au début des années 50 en Colombie, la cumbia mélange depuis les genres avec la frénésie explosive d’un shaker. Des rythmes africains aux accords folkloriques européens en passant par la guitare rock, ce courant musical est un creuset pour la culture sud américaine. Un répertoire aujourd’ hui à l’honneur avec cette double compilation diffusée par le label anglais World Circuit. A la différence de la salsa, produit de la fusion cubaine new-yorkaise, la cumbia s’est développée en situation avant de rayonner sur le Panama, le Mexique ou bien encore le Pérou où sévit son pendant andin la chicha. Extraites du catalogue Discos Fuentes, le Tamla Motown de la discipline, les trente plages, éditées sur deux tomes distincts en 1989 et 1993, sont triées sur le volet. Consacré à la production contemporaine, le premier volume débute avec La Colegiala de Rodolfo y su Tipica, un tube popularisé en son temps par une célèbre marque de café avant d’enchainer avec La Zenaida de Armando Hernandez et son gimmick infernal à l’accordéon ; ou bien encore avec La Sonora Dinamita, une forme de All Star local adulé fin 70’s au Nicaragua par les guerilleros sandinistes. Enregistrés essentiellement dans les années 50 et 60, les titres du deuxième disque confirment l’influence du latin jazz. Les extraits sont naturellement cuivrés. Lito Barrientos pratique un exercice de haute volée avec son Cumbia En Do Menor à faire pâlir un Kid Creole et Los Gavilanes n’est pas sans rappeler la scansion du shuffle jamaïcain sur le registre ambiant. En définitif cette compilation remet les pendules à l’heure de Bogota. C’est non seulement festif mais d’une finesse rare.

Horizon Magazine :

Quelques labels londoniens aiment à se prendre pour des archéologues. Le thème des fouilles : la musique. Leur terrain d’exploration : le monde et plus particulièrement l’Afrique et l’Amérique du Sud. Et il y a matière.

Centrons-nous ne serait-ce que sur un pays : la Colombie, une ville : Cartagena, un label : Discos Fuentes. Fondé en 1934 par le charismatique Antonio Fuentes Estrada, il fut comparé pendant les années 1960/1970 à la Motown. Pendant plusieurs décennies, Fuentes s’évertua à favoriser la développement de la musique colombienne et à créer un catalogue magistral autour d’artistes plus excellents les uns que les autres. Malgré la mort, en 1985, de son fondateur, le label prospère encore aujourd’hui. Disco Fuentes est toujours en activité et continue à faire parler de lui au travers, entre autres de productions croisées.

Revenons maintenant à nos archéologues et plus particulièrement au Label World Circuit. En 1989, le label londonien propose « Cumbia Cumbia », une compilation au cœur de la discographie Fuentes, plus particulièrement au cœur de la cumbia, entre les années 50 et les années 80. 12 titres sont alors présents. Quatre ans plus tard, soit en 1993, le label remet le couvert et propose « Cumbia Cumbia 2 ». La compilation propose alors 18 titres supplémentaires.

En 2012, World Circuit réédite les 2 précédentes compilations et les réunit pour former « Cumbia Cumbia 1 & 2 ». Et là, l’ouvrage est d’autant plus remarquable. Le double album est aux couleurs du soleil avec cette teinte délicieusement rétro. Le livret fourni est très bien pensé : une préface en anglais de plusieurs pages retraçant l’histoire de la compilation et chaque titre et chaque groups sont présentés, toujours en anglais. Le tout est agrémenté d’images d’archives.

Au niveau musical, « Cumbia Cumbia 1 & 2 » offre un panorama illustrant la variété de la Cumbia. Avec son ouverture fleurant bon le café, – « La Colegiala » fut popularisée en France, en 1981, avec une publicité pour une célèbre marque de café – cette anthologie regroupe l’histoire de la cumbia entre 1954 et 1988, son évolution vers des styles plus jazz, plus salsa, plus rock et toute une foison de standards comme « La Subienda », « La Piragua », « Soledad » ou encore « Cumbia En Do Menor ».

« Cumbia Cumbia 1 & 2 » est une anthologie plus que réussie. Elle rayonne d’une passion commune pour la musique. « Cumbia Cumbia 1 & 2 » est un brillant hommage à la Cumbia que je ne saurais trop vous recommander. Informations sur Cumbia Cumbia 1&2

 
 
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