-Du 7 au 11 février : Boubacar Traoré "Mali Denhou" (Lusafrica) & Mamadou Diabaté "Courage" (World Village)
Icône de la musique malienne au même titre qu’un Salif Keita ou qu’un Ali Farka Touré, Boubacar Traoré joue dans une musique profonde et nostalgique.
Au Mali, Boubacar Traoré est un musicien définitivement à part. Il a connu le succès dans les années 60, l’oubli pendant près de vingt ans et coule désormais une retraite paisible, à Bamako. Lorsqu’il parle de " Mali Denhou ", son huitième album, Kar Kar est en paix : il n’a plus rien à prouver. A l’extérieur du Mali, on colle sur sa musique l’étiquette blues. Pour lui, son jeu de guitare est simplement inspiré de la pratique de la kora, cet instrument ouest-africain de 21 cordes. Et certainement aussi de sa petite musique intérieure, qui à environ soixante-dix ans, joue la partition de la sérénité. Délicates, reconnaissables entre mille, les notes qui s’échappent de sa guitare sont relevées par un harmonica et une calebasse. Depuis presque cinquante ans, l’atout de Boubacar Traoré, c’est sa simplicité : sa musique ne ment pas. " Mali Denhou " ne déroge pas à la règle et se détache complètement de l’époque. Ce n’est pas un album sorti en 2011, c’est tout simplement du Kar-Kar : inoxydable. Toute sa vie, il a composé des morceaux du quotidien, d’ailleurs, certains morceaux résonnaient dans sa tête depuis les années 60 et n’ont pas pris une ride. D’autres, plus récents, se retournent sur sa carrière en dents de scie, de l’ombre à la lumière. Né à Kayes à l’ouest du Mali, dans une famille noble, il était un joueur de football exceptionnel, promis à une grande carrière, qu’une blessure au pied anéantit à la fin des années 50. Adieu le ballon : il ne garde que son surnom Kar Kar, " le dribbler ". A partir de 1963, sa chanson " Mali Twist " en fait une star des sixties, mais sa notoriété s’éteint et il arrête la musique. En 1989, re-découvert par des journalistes de Radio Mali, il enregistre sa première cassette à Bamako, puis, part en tournée britannique. Il est devenu depuis une référence malienne, au même titre qu’un Salif Keita ou un Ali Farka Touré. Pendant cinquante années, l’âme solitaire de la musique malienne a composé dans un style unique des morceaux injustement méconnus du grand public international et pourtant d’une beauté infinie. Eglantine Chabasseur
Né au Mali en 1975 et descendant d’une lignée de griots comme l’indique son nom, Mamadou Diabaté est le fils de l’un des fondateurs de l’Ensemble instrumental du Mali. Il raconte que son père lui avait conseillé d’écouter tous les meilleurs joueurs de kora et d’apprendre de chacun d’eux. La kora est originaire de la région de Gabou, aux confins de la Gambie, du Sénégal et de la Guinée Bissau. La tradition malienne de l’instrument a toujours privilégié la transmission de l’héritage tout en continuant à innover et à évoluer. Enregistré à Bamako en 2009, Courage réunit Diabaté, Abou Sissoko (ngoni), Noah Jarrett (basse acoustique), Lansana Fode Diabaté (balafon), et Adama Diarra (calebasse/djembé) tous Maliens, sauf Jarrett. Chaque titre envoie un message positif et cible un aspect essentiel de la vie selon Mamadou Diabaté : la famille, l’esprit, la paix, les rapports humains et l’attitude face aux aléas de la vie.

